Ça valait bien un papier ! Bel a ouvert les portes de son usine d’Évron (Mayenne), lieu de production historique du Babybel, pour présenter une nouveauté en matière d’emballage : exit la cellophane qui entourait jusqu’à présent l’enveloppe de cire rouge, place au papier. Le fromager ne détaille pas le montant d’investissement nécessaire à ce changement, tout juste précise-t-il que «plusieurs millions d’euros» sont alloués au projet, alors que certaines lignes ont dû être remplacées pour recevoir les nouvelles bobines. Impossible de se passer de cette surcouche : elle assure notamment l’intégrité de la pellicule de cire.
100% des usines équipes d’ici à 2027
Pour l’instant, à Évron, où 5 millions de mini-Babybel sont produits chaque jour, de quoi pourvoir à plus de la moitié de la consommation mondiale, seuls 2 des 8 îlots de conditionnement (13 lignes au total) ont effectué la bascule. «D’ici fin 2027, nos cinq usines qui produisent le Babybel auront basculé sur le papier, soit via la modification soit via le remplacement des lignes existantes», indique Delphine Chatelin, directrice de la R&D du groupe. La bascule sur le papier permet de réduire de 62% l’empreinte carbone par rapport au plastique, précise-t-elle. Les emballages pèsent 5% de l’ensemble de l’empreinte carbone du groupe Bel (scopes 1 à 3).
Une des prouesses aura été de conserver la cadence de production, avec 14 fromages emballés chaque seconde. Il reste toutefois du travail, notamment pour éliminer les filets de plastique bien connus des consommateurs ou encore pour travailler à la recyclabilité de la cire. Bonne nouvelle toutefois : Delphine Chatelin assure que l’arrivée des emballages papier sur le Kiri, une autre star du groupe Bel, est imminente.
Une croissance soutenue des ventes, 6% en 2024…
Un investissement qui n’empêche pas l’entreprise de connaître un beau développement, comme le rappelle Béatrice de Noray, directrice générale adjointe : «La marque tire la croissance du groupe avec 6% de volumes en plus en 2024, assure-t-elle. L’année 2025 est très positive aussi avec une croissance comprise entre 5 et 10%. Pour les États-Unis c’est encore plus positif, avec 12% de croissance l’an dernier. Il y a une vraie croissance des snackings salés avec le développement des GLP1 [les médicaments anti-obésité, ndlr]. Nous avons le potentiel de croissance pour être une marque touchant un milliard de consommateurs d’ici cinq ans.» Un quart des volumes d’Evron partent vers le marché américain.
«L’usine est saturée à 100%, souligne Léonard Didiot, le directeur de l’usine. Nous avons augmenté le temps d’ouverture ces derniers mois.» Évron a créé plus de 100 emplois l’an dernier. Le record de production, 27000 tonnes en 2022, va être pulvérisé cette année (29 000 tonnes) en attendant l’an prochain (30000 tonnes). Aucun investissement ne permet toutefois de soutenir la croissance des volumes, seulement l’amélioration continue des procédés. Béatrice de Noray indique qu’en cette mi-novembre des travaux ont débuté à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) pour installer une ligne supplémentaire d’une capacité de 10000 tonnes. À horizon 2029, il est aussi prévu d’étendre l’usine située en Dakota du Sud.
6 millions d’euros pour la réutilisation des eaux usées
Bel a indiqué qu’un investissement pour la réutilisation des eaux usées (REUSE) est en cours sur son usine d’Evron à l’occasion de la visite ce 19 novembre. Six millions d’euros vont être investis dans un procédé d’osmose inverse qui va permettre de traiter les eaux de concentration des matières laitières : il s’agit du lactosérum, ce liquide issu de la coagulation du fromage, dont l’eau est récupéré pendant la phase de séchage. 150 000 m3 d’eau devraient être économisés grâce à cet investissement qui devrait être opérationnel entre 2026 et début 2027.